Lire les paroles
[Couplet 1]
Je suis le téléphone noir
Du vieil hôtel aux rideaux rouges.
J’ai entendu tant de départs,
Tant de secrets que rien ne bouge.
Madeleine, derrière son comptoir,
Nouait mon fil entre ses doigts.
Chaque fois qu’elle cachait l’espoir,
Un nouveau nœud naissait en moi.
[Pré-refrain]
Puis Antoine entra sous la pluie,
Une vieille lettre contre lui.
Claire le suivait dans la nuit,
Craignant qu’il ait trahi leur vie.
[Refrain]
Il est des amours qui libèrent,
D’autres qui referment les chemins.
Par peur de se retrouver seule,
Elle lui vola son lendemain.
Dans les nœuds de mon long cordon,
Je gardais les voix prisonnières.
Mais aimer n’est jamais répondre
À la place de ceux qu’on espère.
[Couplet 2]
Paul vit son nom sur l’enveloppe,
Un billet vieux de six longs mois.
Antoine murmura dans l’ombre :
« Je t’attendais. Pourquoi pas toi ? »
Madeleine baissa le visage :
« J’ai refusé… mais en ton nom.
Je savais que tu partirais.
Je n’ai pas supporté l’abandon. »
[Pont]
Ce n’était pas l’amour coupable
Que Claire était venue chercher,
Mais le geste impardonnable
D’une mère incapable de lâcher.
[Dernier refrain]
Il est des amours qui libèrent,
D’autres qui referment les chemins.
On croit protéger ceux qu’on aime,
En leur dérobant leur destin.
Paul défit l’un de mes nœuds,
Puis regarda la porte ouverte.
Sa mère attendait dans ses yeux,
Une valise attendait dehors.
[Outro]
Je ne sais pas s’il est parti.
Je sais seulement que cette nuit,
Mon cordon devint plus léger…
Et qu’aimer quelqu’un,
Ce n’est jamais choisir sa vie
À sa place.