Lire les paroles
Dans la brume d’un matin gris,
Une robe blanche suivait la mer.
Elle avançait sans faire de bruit,
Comme on disparaît de la lumière.
Il l’a regardée dans l’objectif,
Une dernière fois, une seconde.
Mais certains instants sont trop fragiles
Pour rester prisonniers du monde.
Alors il a posé l’appareil,
Et couru vers elle dans le vent.
Il a choisi de perdre une image
Pour lui rendre encore du temps.
La plus belle photo de sa vie
N’a jamais connu la lumière.
Elle a brûlé au fond de la nuit,
Mais une femme est revenue de la mer.
Des années plus tard, un petit garçon
Dormait sur les marches d’une église.
Deux alliances dans son poing rond,
Et toute une vie dans son sourire.
Alors l’appareil a compris
Ce que personne ne pouvait voir :
Ce matin-là, dans la brume infinie,
Il avait sauvé bien plus qu’une histoire.
Alors il a posé l’appareil,
Et couru vers elle dans le vent.
Il a choisi de perdre une image
Pour lui rendre encore du temps.
La plus belle photo de sa vie
N’a jamais connu la lumière.
Elle a brûlé au fond de la nuit,
Mais une femme est revenue de la mer.
Il ne reste qu’une enveloppe vide,
Un peu de sable dans un soufflet,
Et le silence, doux et fragile,
De cette photographie effacée.
Car les plus belles images parfois
Ne sont pas celles que l’on garde.
Ce sont celles qu’on abandonne
Pour qu’une vie continue quelque part.